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Pourvu qu'il pleuve !

Cet été, la Garonne a soif, terriblement soif !

A Langon, plus besoin de passerelle, on traversera bientôt le fleuve à pied ...

 

 

 

 

A Saint Pierre d’Aurillac, d’énormes plaques rocheuses apparaissent au milieu du fleuve !

 

 

 

 

 

A Barie, entre les rochers ( rive droite) et les galets (rive gauche) la Garonne ressemble à un torrent de montagne et pourrait être franchie à gué...

 


 

 

Du jamais vu ! il y a vraiment de quoi être inquiet.

 Cependant ni la presse, ni les « pouvoirs publics, ni  le « monde politique » n’en parle. Le citoyen garonnais pourrait en conclure qu’il n’ y a pas péril en la demeure  à moins que « La maison brûle et que nous  regardions ailleurs »comme le disait Chirac à Johannesbourg le 2 septembre 2002.

Le riverain à peine averti que je suis ose cependant poser la question : « Jusqu’où la Garonne va-t-elle baisser et quelles peuvent en être les conséquences ».

Un document de 2014 de l’agence de bassin nous donne une partie de la réponse en prévoyant une réduction de moitié du débit . Il renvoie cependant très poliment le désastre à 2050 et en limite les causes au  réchauffement climatique et à une « baisse naturelle » !!!!

http://www.eau-adour-garonne.fr/fr/grands-dossiers/la-garonne-2050.html

Osons alors sortir des sentiers battus en émettant quelques hypothèses et en posant des questions claires :

         1)N’est-on pas depuis quelques dizaines d’années en train d’exploiter la Garonne (et les nappes qui l’alimentent) à crédit, c'est-à-dire en prélevant plus d‘eau qu’elle ne peut et pourra en collecter et donc en fournir ?

          2) Savez-vous que l’on maintien chaque année l’étiage du fleuve en achetant déjà en amont plusieurs dizaines de millions de M3 d’eau à EDF ?

       3) Mais  savez-vous que cet été, on a très souvent frôlé sinon dépassé  le « débit d’alerte », un seuil préoccupant en dessous duquel on considère « qu’une fonction ou activité du fleuve est compromise » ?

    4)  Savez- vous enfin que le risque est réel d’une « défaillance du stock » qui empêcherait  d’alimenter le fleuve en amont, précipitant ainsi la baisse ?.

Certes les pluies légères de cette  dernière semaine et la baisse des températures viennent d’éloigner pour quelques jours les risques d’une très grave défaillance qui se situent cependant entre 20 à 30% de probabilité : http://www.smeag.fr/bulletin-quotidien.html

Alors, pourquoi se voiler les yeux et  pourquoi un tel silence sur les  conséquences à très courts termes de cette baisse historique du niveau de l’étiage du fleuve ?

Le risque est aujourd’hui important d’une prochaine perte de la capacité d’épuration de la Garonne condamnant faune et flore, sans parler de la centrale de Golfech qui a besoin des eaux du fleuve pour refroidir ses tours, sans parler non plus de l’approvisionnement en eau potable d’une ville comme Toulouse... c’est bien tout l’équilibre environnemental, économique et sanitaire de l’Aquitaine qui est en jeu.

Ajoutons un nouveau phénomène lié à la baisse du niveau d’étiage, celui d’une eutrophisation galopante des eaux du fleuve, témoin le développement d’algues photographiées ci-dessous en aval de La Réole.

http://www.eau-adour-garonne.fr/fr/eau-et-activites-economiques/agriculture/les-risques-de-pollution-lies-a-l-agriculture/pollution-par-les-nitrates-et-le-phosphore.html

 


 

 

Parlons vrai ! Le réchauffement climatique a bon dos pour continuer à exploiter sans frein la nature et insulter l’avenir tout en multipliant les colloques et les études  sur les « chantiers de la biodiversité » et les « scénarios pour anticiper les enjeux ».

Beaucoup de « responsables  politiques et administratifs » comptent aujourd’hui sur les pluies de septembre et octobre pour que le ciel nous protège cette année d’une catastrophe annoncée. Mais pour combien de temps ?

Ne serait-il pas enfin temps de prendre le mal à la racine enfin d’envisager d’autres modes de production, de consommation, de gestion économe des eaux ?

Un seul exemple...savez-vous qu’il faut en effet à 15 tonnes d’eau pour produire 1 kg de bœuf . A ce tarif-là, si tous les habitants des « pays civilisés » se jettent sur les entrecôtes au rythme d’un chasseur de palombes (dont je suis !) au mois d’ octobre,  le manque d’eau sera inéluctable et intenable à court terme, sauf à mettre en œuvre d’autres modes de production et de consommation et.... pourquoi pas demain redonner de l’herbe aux vaches au lieu du maïs dont la culture est trop  gourmande en eau et en « intrants polluants. » J’avoue même que le gascon que je suis n’exclue plus à ce jour, si c’est le prix à payer,  de modifier ses habitudes alimentaires et de limiter la viande de bœuf aux circonstances exceptionnelles associatives ou familiales.

Il est temps de réagir ! Le désastre annoncé n’est pas naturel, il vient de la main de l’homme. Il suppose un engagement, une réflexion  et un effort individuel incontournable. Il suppose aussi un changement des règles et des lois et un engagement collectif, politique, institutionnel, (en particulier de la PAC européenne) sinon la soif de rendements à tout prix règnera en maître, pillant sans vergogne les richesses naturelles, empruntant même à crédit aux générations à venir.

Si tout devait continuer comme avant...on pourrait alors  légitimement parler de « suicide durable »...ou même... de «  crime durable » ? ...

 

 

 



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